Quand il y a trop de circularité

Le risque le plus grand est de voir tout de manière circulaire et se perdre soi-même en tant que Coach et son Coaché dans la complexité. L’exploration de la complexité doit amener le Coaché à agir et non d’explorer en boucle ce qui se passe. La circularité en coaching peut créer un état de confusion qui peut être bénéfique pour le Coaché pour remettre en cause ses croyances mais aussi rompre le rapport, agacer, ou carrément créer des résistances fortes qui empêcheront le travail de coaching par la suite. Ici la circularité excessive peut créer un effet inverse, c’est-à- dire de la non-circularité. Pour se prémunir du trop de circularité, il me semble important de revenir au cadre de séance dans le coaching individuel dès que cela est nécessaire. Par prévention, s’accorder à demander où en est le client en milieu de séance par rapport à son objectif initial semble une manière écologique de s’assurer de la justesse du coaching. Dans le coaching collectif, des régulations régulières avec l’équipe pour savoir où elle en est sur ses apprentissages et sur l’avancement de ses objectifs par rapport aux enjeux de l’entreprise sont essentielles en analogie avec le coaching individuel. “L’esprit circulaire” sollicite énormément le cerveau droit, le cerveau intuitif. C’est un cerveau rapide, analogique qui fonctionne par association mais qui aussi peut s’éloigner des faits (cortical gauche) et de l’organisation (limbique gauche). Trop de circularité peut créer de la dispersion chez le Coaché ou l’équipe sans que soit ancré des premières actions, des premiers résultats qui vont donner confiance au Coaché / L’équipe pour aller plus loin.

Quand le Coach se sent tout puissant

L’utilisation de la circularité en Coaching donne de la puissance au coaching et au Coach qui l’utilise. Un risque fort que je vois est d’associer le Coaching à la puissance des interventions du Coach au risque de créer de la dépendance chez le Coaché vis à vis du Coach. Autre réflexion autour de ce sentiment de “toute puissance” du Coach c’est la création d’impuissance chez le Coaché. La recherche de la circularité peut devenir pour le Coach le but de ses coachings et il peut alors chercher à s’en nourrir. La circularité permet de stimuler la créativité et d’utiliser ses potentialités intellectuelles, en particulier en utilisant des questions puissantes ou des métaphores. De plus, cela crée de l’émotion dont le Coach peut être friand au point de vouloir créer de l’émotion au détriment de rester sur l’objectif du coaching et laisser le Coaché avancer à son rythme.

Quand la boucle est bloquée…

Le Coach peut arriver à être bloqué dans le système de son Coaché et tant que le Coach n’en sort pas, le Coaché et le Coach tournent en rond. Le besoin de supervision est alors plus que nécessaire pour redonner de la circularité dans ce qui se passe entre le Coach et le Coaché. Voici quelques exemples de situation que peut rencontrer le Coach dans son coaching qui bloque
  • Pas de pacte entre le Coach et le Coaché
  • Manque de légitimité
  • Posture de sauveur du Coach
  • Conflit d’ intérêt
  • Attachement aux résultats du Coaché par le Coach
  • Besoin de nourrir son émotionnel pour le Coach
  • A voir des attentes pour son Coaché
  • Ne pas laisser de la place au Coaché
  • Être trop dans l’outillage …
Toutes ces “ombres” que peut avoir le Coach font partie d’un travail de développement personnel souvent fait en supervision, parfois en thérapie pour que le Coach trouve sa pleine puissance dans l’intérêt du Coaché.
10