Cette maison comporte 3 parties étroitement liées les unes aux autres :

  • Les FONDATIONS : Elles constituent ce qui construit la relation de coaching, c’est à dire la Loi et le Lien, le niveau contractuel et le niveau d’alliance entre le Coach et le Coaché. Cette dernière est fondamentale pour pouvoir créer suffisamment d’ouverture de la part du Coaché pour oser changer
  • L’ESPACE DE VIE : C’est l’espace principal de dialogue entre le Coach et le Coaché dans cette tension posée par le Coaché entre son Problème et son Objectif
  • Le TOIT : Le toit est l’espace des Solutions trouvées par le Coaché à l’aide du Coach qui métaphoriquement représente une prise de conscience (de hauteur) de la part du Coaché vis à vis de sa situation et un ensemble d’essai-erreur pour lui permettre d’avancer vers son objectif et transformer
Ce qui nous semble important à noter est que le coaching semble suivre un ordre pour être efficace et que si quelque chose est bloqué à un endroit, c’est qu’il faut revenir aux fondations, au contrat-pacte, pour faire un nouveau commencement… Sans la relation préalable Coach – Coaché il ne peut effectivement pas se passer grand-chose.

Tout est au commencement : rentrons-nous par la porte (problème) ou la fenêtre (objectif) ?

Nous ne pouvions pas commencer à parler de coaching sans aborder le “Tout est au commencement”, une des lois du vivant, ou comment le client vous invite dans sa maison. Il est important de retenir qu’en tant que Coach nous ne sommes que les invités de la maison du Coaché et pas des colocataires à vie ou pire encore des squatteurs irrespectueux. Dans ce premier contact, l’accueil de notre client permet de nous donner des pistes sur la tournure possible du coaching.

Le client qui nous fait faire le tour du jardin

Ce client est celui que l’on pourrait qualifier de visiteur (Steve SHAZER, thérapies brèves orientées solutions), il vous balade autour de la maison pour vous occuper sans pour autant nous laisser entrer dans sa demeure.
Dans le cadre de coaching prescrit, cette situation est assez courante car la personne n’est pas à l’origine de la demande de changement. Tout l’enjeu du coaching est de partir du jardin pour aller plus proche de la maison. Nous changeons parce que nous avons envie de changer et aussi parce que nous avons intérêt à changer. C’est plutôt la dernière raison qui va donner du sens au coaching dans ce type de cas. Que se passera-t-il pour ce Client s’il n’honore pas le coaching qui lui a été prescrit ?

Le client qui nous parle au pas de la porte

Ce client est souvent celui qui vous décrit la situation en boucle avec un air de plaignant. Il vous est difficile d’en placer une phrase au milieu de son flot de paroles, d’ailleurs vous laisse- t-il le choix de répondre car il n’a pas besoin d’aide. Le plaignant se complait dans sa plainte et s’en nourrit. Il n’a pas envie de changer car ça serait lui enlever l’excuse qu’il a de ne pas changer. “C’est toujours comme ça, ça ne changera jamais”. C’est d’ailleurs sa manière de créer du lien avec d’autres personnes. Se plaindre, c’est avant tout ne pas accepter sa part de responsabilité dans la situation.

Le client qui nous invite à prendre le thé

Nous pourrions croire que ce client est le plus facile à coacher car il est accueillant et nous ouvre la porte de sa maison. Il peut être avide de vos conseils sans pour autant les prendre. En général, il a fait le tour de sa maison et a déjà expérimenté pas mal de solutions. Il faut vous attendre à être plongé dans la complexité de sa situation, c’est-à-dire bien au cœur de sa maison.

Les fondations de la maison : La circularité entre le Coach et le Coaché

Le Coaching s’appuie sur l’art de la relation. La confiance est essentiel à l’émergence de cette relation privilégiée. Elle va permettre au Coaché de prendre du recul vis-à-vis de sa situation, d’échanger avec le Coach en toute sécurité, être authentique, oser faire les essais, se tromper, s’ajuster.
La circularité entre le Coach et le Coaché se crée à partir du moment où une alliance s’établit entre eux, ce qui demande de la part du Coach une écoute attentive et respectueuse de la situation vécue par le Coaché. Les fondations du coaching nécessitent aussi que soit établi un contrat / pacte entre les deux parties pour fonder un engagement mutuel favorable au changement. Dans ce pacte qui unit le Coach et le Coaché et dans cette logique de circularité, il n’est pas envisageable que le Coaché puisse bouger sans que le Coach bouge lui-même passant lui aussi d’une posture d’influenceur et d’influencé. “La circularité met en évidence la double posture permanente de chacun : influençant et influencé, deux lectures inséparables qui font percevoir la coopération-de-fait de tous, que ce soit dans la paix ou dans les conflits persistants.” nous indique François Balta. Nous verrons que pour maintenir une circularité dans le coaching, il est nécessaire que le Coach lui-même prenne du recul dans sa pratique sur chaque coaching et fasse régulièrement appel à un superviseur pour sortir de ses angles morts. Au même titre qu’un vide sanitaire peut parfois se faire déborder par l’humidité ambiante et pourrir les fondations de la maison au risque qu’elle s’effondre, la relation Coach – Coaché peut se faire déborder par un ensemble d’émotions ou de non-dits non partagés qui peu à peu nuisent au coaching lui-même et remettent en question le pacte initialement convenu. Voici quelques situations courantes qui bloquent la circularité entre le Coach et le Coaché :
  • Le Coaché rend responsable le Coach du fait qu’il n’avance pas sur son problème et il commence à être vindicatif vis à vis du Coach
  • Le Coach considère qu’il n’y a pas de demande de coaching de la part du Coaché et continue à questionner avec instance le Coaché sur son objectif
Pour entretenir des fondations saines, il est nécessaire d’avoir une bonne ventilation. De façon régulière des espaces de régulation où le Coach et le Coaché échangent sur leur manière de fonctionner doivent pouvoir être mis en place pour s’assurer que la confiance et le pacte établi entre les deux soient toujours bien établis.

L’espace de vie : du Problème à l’Objectif

L’écart entre la situation actuelle et la situation souhaitée du Coaché est ce qui l’amène en Coaching. “Le problème d’un client, c’est de combler l’écart entre une situation existante jugée insatisfaisante et une situation souhaitée jugée plus satisfaisante.” nous partage François Delivré. Nous ne pouvons pas parler de problème sans objectif. Parfois le problème est que le Coaché n’a pas d’objectif ou au contraire que l’objectif du Coaché est irréaliste. Cette circularité entre Problème et Objectif est l’espace de vie des conversations de coaching engagées entre le Coach et le Coaché, c’est la partie visible qui donne de la matière dans l’ échange. Certains Coachés arrivent en coaching sous l’angle Problème, d’autres sous l’angle Objectif, les deux sont étroitement liés circulairement. Par exemple, un client peut venir avec le problème : “Je n’ai pas suffisamment confiance en moi” ou par l’objectif “Je veux développer ma confiance en moi”. Dans la première demande, le Coaché voit son manque de confiance en lui comme un problème qui l’empêche d’agir. Dans la deuxième demande, le Coaché se donne comme objectif d’améliorer sa confiance et est prêt à agir pour la développer. La circularité entre le Problème et l’Objectif est tout l’enjeu (visible) du coaching où naviguent les réflexions du Coach et du Coaché. Ce qui peut empêcher la circularité à ce niveau est dans un cas de se focaliser sur le problème sans en dessiner l’objectif ou alors de se focaliser sur l’objectif sans que celui-ci n’ait de lien avec la situation actuelle du Coaché. Se pose alors la question de l’engagement du client à vouloir changer en nous posant paradoxalement une demande de changement et non- changement en même temps.

Le toit : Les Solutions

Les Solutions ou plus couramment nommée “Insight” en coaching sont le résultat qui se dégage à la fois des fondations et de l’espace de vie de la Maison de Circularité. C’est la prise de conscience du Coaché de nouvelles possibilités d’actions pour passer du Problème à l’Objectif.
Elle permet d’ouvrir un nouveau champ de conscience jusque-là invisible pour le Coaché. C’est bien du haut du toit que nous avons la plus belle vue. Le piège dans cet espace est de croire à la solution unique ou de continuer à s’attacher à une solution passée. “Les problèmes d’aujourd’hui viennent des solutions d’hier” nous dit Peter Senge. Paul Watzlawick dans son livre : “Comment réussir à échouer ?” nous expose que la meilleure façon d’échouer est de mettre en œuvre l’Ultra Solution. Les caractéristiques de l’Ultra Solution sont les suivantes :
  • Chercher la sécurité à tout prix (prédiction négative autoréalisatrice)
  • Faire deux fois plus de la solution
  • Croire que si quelque chose est mal, son contraire doit être forcément bien
  • Choisir le jeu à somme nulle : perdre ou gagner. 1 solution c’est un non choix, 2 solutions c’est un dilemme, à partir de 3 c’est se donner le choix
Il propose d’essayer autre chose :
  • En choisissant la troisième voie
  • En entrant différemment en relation et en créant des relations en chaîne : adopter lecomportement différent positif
  • En reformulant ce que pense l’autre (plutôt que d’écouter ou ne pas écouter)
Tout est une question de curseur, la façon dont une solution sera mise en œuvre et comment le Coaché s’adapte à la réaction de l’environnement. Il faut souvent plusieurs solutions échouées pour permettre au Coaché d’atteindre son objectif.
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