L’homme a toujours essayé de comprendre l’origine des évènements, rechercher la cause ultime, toujours dans cette quête de compréhension du monde imprévisible qui l’entoure. La causalité linéaire, d’une certaine manière, structure nos pensées et nos raisonnements. Les principes de causalité linéaire nous ramènent souvent à des expressions, comme « les mêmes causes produisent les mêmes effets ; l’effet disparaît avec la cause », et une vision du monde où une cause entraîne un effet qui ne peut être lui-même sa propre cause. La pensée scientifique occidentale est entièrement fondée sur la causalité linéaire : l’évènement A précède et influence l’évènement B, qui précède et influence l’événement C etc. Nous sommes dans un contexte où tous les autres paramètres sont considérés comme invariants, c’est-à-dire sans influence sur le phénomène causé. Comme dit Daniel Kahneman, « nous sommes des quêteurs de logique, nous voulons croire en un monde cohérent, où les régularités ne surviennent pas par accident, mais comme conséquence d’une causalité mécanique ou par l’intention de quelqu’un. » Ainsi, la causalité linéaire indique qu’une même cause crée toujours le même effet. Ce modèle permet de décrire des cas simples, il nous amène à penser les systèmes comme étant prévisibles, déterministes. Par exemple : La CAUSE A Tourner la clé d’une voiture CRÉE l’EFFET B Démarrer la voiture Cette causalité linéaire bien qu’utile ne permet pas de décrire efficacement des phénomènes complexes comme les interactions humaines, la matière essentielle du travail en coaching.

La circularité ou causalité circulaire

Dans la causalité circulaire nous tentons d’appréhender l’ensemble des actions et rétroactions des éléments les uns avec les autres. Nous considérons donc que l’effet B rétroagit sur la cause A qui l’a engendré. Dans cette logique circulaire, il est difficile de savoir qui est à l’origine de quoi.

Les cybernéticiens ont montré que toute action orientée vers un but fonctionne sur la base de processus de rétroaction par feedbacks :

  • feedback négatif : le processus de rétroaction par feedback qui réduit l’écart par rapport à notre objectif (rétroaction correctrice). Elle ramène le système à son équilibre.

  • feedback positif : le processus de rétroaction par feedback qui augmente l’écart par rapport à notre objectif (rétroaction amplificatrice : le plus entraîne le plus, le moins entraîne le moins). Plus la cause produit un effet, plus cet effet augmente la cause. P.ex. un manager qui n’ose pas prendre la parole en comité de direction, ce qui le décourage au point de perdre la confiance en lui, au point d’encore moins vouloir prendre la parole pendant les réunions.

La causalité circulaire tente de prendre en compte la complexité du monde qui nous entoure, la multiplicité des paramètres qui sont en constant mouvement. La logique circulaire nous permet de mieux appréhender cette complexité en particulier des interactions et de la communication entre plusieurs personnes en présence.

En effet, en tant que Coach nous nous devons de nous rappeler que nous et nos Coachés nous sommes tous pris dans un processus circulaire d’influence réciproque et qu’une partie d’un système (p.ex. le Coaché ou le Coach) ne peut jamais contrôler l’ensemble du système.

Dire que c’est entièrement de sa faute ou dire que c’est entièrement de la faute de l’autre, constitue la même erreur épistémologique. Au niveau de l’interaction systémique il n’y ni victimes, ni sauveurs, ni persécuteurs : chaque élément est responsable de son positionnement.

Quand nous parlerons de circularité, nous parlerons de circularité positive vis à vis de la finalité du système, ça peut être une boucle de renforcement ou une boucle correctrice.

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