Définition et origine de la circularité

« On définit une chose (à tort) par ce qu’elle est censée « être » au lieu de la définir par ses « relations » avec les autres éléments ». G. Bateson

La circularité est un concept qui s’applique particulièrement aux systèmes complexes aussi bien ceux qu’offre la nature (organismes vivants, écosystèmes), que ceux conçus par les hommes (systèmes économiques, sociaux, bancaires, entreprises). Elle s’inscrit souvent dans un champ interdisciplinaire qui concerne l’étude d’objets, pris au sens large, que l’on dit complexes, qui du point de vue méthodologique fait appel à ce que l’on nomme couramment « approche systémique » ou « analyse systémique ».

Système : Le mot système dérive du grec « systema » qui signifie « ensemble organisé ».

Un système est :

  • “un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d’un but » pour de Rosnay (1975)
  • « un complexe d’éléments en interaction » pour Bertalanffy (1973)
  • une « unité globale organisée d’interactions entre éléments, action, ou individus » pour
    Edgar Morin
  • un « ensemble constitué par des éléments qui sont en interaction, ainsi que les
    interactions elles-mêmes » pour J-C Benoit et Coll

Le courant de la pensée systémique a vu sa naissance au début du XX siècle. Il fait suite à la prise de conscience de la complexité du monde qui nous entoure : les outils analytiques existants ne permettant plus d’appréhender des problèmes complexes.

Depuis les années 30 s’est développé un courant de pensée dit systémique né de la prise de conscience de la complexité. L’ambition des pères de cette pensée était de mettre au point des méthodologies permettant de surmonter les difficultés rencontrées dans la tentative d’appréhension des problèmes complexes par les outils analytiques existants.

Ce que l’on qualifie habituellement d’approche systémique est à la rencontre de trois grands courants : la cybernétique, la théorie des systèmes et la théorie de l’information et de la communication. Ces trois disciplines s’intéressent au fonctionnement des systèmes complexes. Elles tentent d’expliquer comment ces systèmes complexes parviennent à maintenir un certain équilibre, une certaine stabilité et aussi comment des changements peuvent advenir en leur sein.

On s’accorde généralement à considérer que les fondateurs de ces trois disciplines sont le mathématicien Norbert Wiener pour la cybernétique, le biologiste Ludwig von Bertalanffy pour la théorie des systèmes et l’ingénieur Claude Shannon pour la théorie de l’information.

C’est dans les années 50 qu’aux États-Unis, un groupe de chercheurs réunis autour de la forte personnalité de Gregory Bateson (anthropologue et ethnologue), pose les fondements d’une approche systémique appliquée aux sciences humaines.

Gregory Bateson (anthropologue et ethnologue) s’ est appuyé sur les travaux de ces scientifiques pour élaborer une théorie de la communication. Un peu plus tard, dans les années 60 et 70, la ville de Palo Alto en Californie a été le lieu de rassemblement interdisciplinaire de chercheurs venus d’horizons très différents (mathématiques, cybernétique, biologie, physique, psychiatrie, médecine, anthropologie, psychothérapie…), ce réseau de chercheurs (s’est entouré d’une équipe de chercheurs composée notamment de : Donald D. Jackson, John Weakland, Jay Haley, Richard Fisch, William Fry et Paul Watzlawick) s’est fait connaître sous la dénomination ultérieure l’École de Palo Alto.

Aujourd’hui il n’existe pas une approche systémique mais bien « des approches systémiques ». L’ouvrage de référence sur ces différentes approches, Panorama des thérapies familiales de Mony Elkaïm, dénombre 22 écoles systémiques différentes. Au-delà des différences qui les divisent parfois tous les systémiciens se réfèrent à la notion de circularité.

 

Circularité : du latin circularis, circulaire, venant de circulus, cercle.

La systémique propose un changement de paradigme dans la logique analytique des interactions entre différentes personnes. à l’ancienne logique du ceci a causé cela (cause/effet) est proposé une conception circulaire.

La circularité désigne ainsi la propriété d’un système selon laquelle une causalité linéaire de type A-B rétroagit également de façon linéaire sur l’origine A du processus en cours. La boucle ainsi formée se répète périodiquement dans le temps, de sorte qu’il devient impossible d’isoler la cause de l’effet.

Dans le domaine du coaching les coachs systémiciens reprennent et définissent la circularité de la manière suivante :

Pour François Balta, on rencontre le couple circulaire/linéaire utilisé principalement dans deux types de contextes :

  • Pour qualifier deux modes de communication :
    – le mode verbal (le langage), “linéaire”
    – le mode non verbal (attitudes, gestes, intonations, etc.) “circulaire”
  • Pour désigner deux modes de causalité d’un événement. Ces mots reflètent alors deux conceptions de la réalité.

Pour Alain Cardon (Dictionnaire commenté du coaching) appliqué dans le domaine du coaching, la circularité désigne la fluidité. Elle se réfère à la circulation et non à un cercle. Notion systémique qui fait référence à la circulation mesurable de l’énergie interactive au sein d’un système fluide.

Pour Dominique Bériot la circularité qualifie l’interaction et renforce le sens d’interdépendance de comportements des éléments (par opposition à la linéarité)

Dans un coaching individuel, la circularité créée dans l’espace de coaching permet au client d’explorer sa situation d’une manière nouvelle avec une nouvelle perspective. Ce changement de perception permet au Coaché d’ajuster son comportement vis à vis de son contexte et de cette manière créer de la circularité à son niveau.

Lorsqu’un client vient voir un coach, il n’arrive jamais seul mais avec tous ses systèmes, ses contextes, ses tissus de relations. Le concept de circularité : notre client agit et il est agi, il influence son système et il est influencé, « les différents contextes nous déterminent tout autant que nous cherchons à les organiser » (Edgar Morin).

Cela revient à dire que l’attitude de notre Coaché résulte d’une co-contruction avec le monde qui l’entoure.

Le Coach va alors explorer avec le Coaché d’autres choix possibles, d’autres alternatives, introduire de nouvelles perspectives de façon à remettre en marche le processus évolutif dans une co-création.

Dans un coaching collectif, la circularité se situe entre les membres de l’équipe, dans leur capacité à communiquer efficacement, à prendre des décisions ensemble, à partager une vision, à se définir des objectifs communs, à s’engager dans l’action et à se réguler relationnellement.

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